L’homme de fer

Simon Malo

Possédant du cœur au ventre, de l’endurance et doté d’une force intérieure et physique hors du commun, Simon Malon fait partie d’une élite sportive. Âgé de 33 ans et originaire de Saint-Charles-Borromée, le jeune homme aurait pu choisir le bungee ou encore l’escalade pour assouvir son besoin de sensations fortes et sa soif d’adrénaline. Il a plutôt opté pour le triathlon. Avec plus de 200 compétitions à son actif, dont dix-sept Ironman (un type de triathlon « extrême » qui jumèle 4 km de natation, 180 km de vélo et un marathon de 42 km), Simon est un athlète plus grand que nature.

Très jeune, Simon a d’abord eu la piqûre pour le vélo et ensuite la natation. Dès l’école secondaire, il s’inscrit alors au club de triathlon de l’Académie Antoine-Manseau. Loin d’être asocial, il se rappelle cependant avoir toujours préféré les sports en solitaire aux sports d’équipe. C’est avec fierté qu’il se remémore son premier triathlon Kids of Steel au Mont-Habitant ; une compétition qui lui a permis de remporter une troisième position. De nature hyperactive, le sport a définitivement été un exutoire pour l’athlète et une façon de gérer sa folle énergie.

Simon Malo est déterminé, exigeant et confiant en ses capacités. En 1997, lorsqu’il est devenu champion québécois de triathlon, il décide de se lancer à fond dans l’aventure pour tenter de gagner sa vie avec son sport. Mais pour les athlètes canadiens, cela n’est pas chose facile… Il démarre sa carrière professionnelle sur les chapeaux de roues avec le championnat du monde de France où il se classe premier des nord-américains, après l’épreuve de vélo. Une compétition qui se trouve dans le tiroir de ses bons souvenirs. De 1997 à 2003, il parcourt le globe pour nager, rouler et courir, grâce à l’aide de commanditaires qui ont accepté de le supporter. Pendant cette période, il a participé quatre fois au prestigieux Ironman d’Hawaï et s’est classé premier, à de nombreuses reprises, au demi-Ironman de Montréal, et 9e au Ironman USA, à Lake Placid en 2001.

En 2003, après des études en techniques policières et plusieurs années à gérer la pression des commanditaires, il prend sa retraite du triathlon et est embauché dans le corps de police de Joliette. Un métier qu’il a choisi pour répondre notamment à son besoin d’adrénaline et à celui de vouloir aider la communauté. À l’été 2008, il a d’ailleurs fait partie de la patrouille à vélo, un programme destiné à faire de la prévention et de la sensibilisation auprès de la population, et à favoriser le contact avec les citoyens. Une bonne façon de jumeler ses passions. La retraite qu’il avait prévue a cependant été de courte durée puisque le policier a recommencé la compétition en 2007, en conservant cette fois son emploi à temps plein. L’appel était trop fort pour le triathlète qui aime profondément s’entraîner (un peu plus de 25 heures par semaine). C’est pour lui une façon de focaliser sur l’essentiel et d’être en paix avec lui-même. Il passe certes beaucoup de temps à s’entraîner mais cela n’est jamais vain pour lui et ses proches puisque ses performances lui procurent souvent honneurs et sentiments d’accomplissement. En 2008, il a d’ailleurs pris le 16e rang à l’Ironman USA, une compétition relevée, de niveau international, qui s’est tenue à Lake Placid.

Excellent exemple de persévérance et de courage pour les jeunes, Simon s’implique également auprès de la communauté. Au cours des deux dernières années, il a notamment été président d’honneur du Cross-country de Bosco et de la Coupe de ski de fond Nordam, en plus de donner quelques conférences sur le triathlon dans les écoles.

Fort dans les comparaisons et les exemples évocateurs, il associe sa discipline à une poutre : « L’important c’est de rester au milieu afin de ne pas tomber, et de pousser jusqu’à la limite du possible. Le plus difficile étant de doser l’énergie pour ne pas en manquer en fin de course ». Assurément, l’équilibre est une force que possède le sportif. Car concilier travail, famille et entraînement n’est pas toujours chose facile. Et s’il admet très bien réussir dans cette voie, cela constitue aussi pour lui son plus grand défi.

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